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Nourrissez-vous votre stress?

D’abord, je vous souhaite une joyeuse St-Valentin! Hier, c’était la fête de l’amour, j’ai le goût de partager avec vous un cadeau pour vous amener à vous aimer encore plus ☺. Nous manquons cruellement d’amour de soi et de confiance en soi et sans toujours nous en rendre compte, cela crée beaucoup de stress en nous!

Je suis tombée « par hasard » sur une conférence sur le stress, diffusée à la télévision la semaine dernière et organisée par l’Université de Montréal dans le cadre des conférences de la Montagne. Le titre était « Le stress : notre meilleur ennemi? » et la Dre Sonia Lupien était invitée à partager son expertise sur le sujet. Mme Lupien est directrice scientifique du Centre de recherche de l’institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeure titulaire au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal. Elle est aussi fondatrice et directrice du Centre d’études sur le stress humain et titulaire Chaire sur la santé mentale des hommes et des femmes des Instituts canadiens de la santé des hommes et des femmes. Elle étudie les effets des hormones de stress sur le cerveau humain, de l’enfance à l’âge avancé.

Le contenu de sa présentation était tellement pertinent pour mes clients (et moi-même !) que j’ai pensé vous l’offrir en cadeau ce mois-ci.

En gros, voici ce qu’elle a partagé :

  • Notre cerveau est un détecteur de menace et face à la menace il choisit toujours entre deux stratégies : combattre ou fuir
  • Le stress est une réponse naturelle de l’organisme aux menaces à la survie. Le problème, aujourd’hui, est que nous ne faisons plus la distinction entre une menace réelle (qu’elle nomme « des stresseurs absolus », ex : habiter un pays en guerre avec danger réel de mourir) et une menace imaginée (qu’elle nomme « des stresseurs relatifs », ex : avoir peur de rater un examen)
  • Le cerveau ne fait pas la distinction entre une menace réelle ou imaginée ; c’est la porte d’entrée du stress. Si, par exemple, on se sent menacé de rater une présentation orale et que dans notre perception, cette menace est grave, le cerveau réagira de la même façon que si nous étions un homme des cavernes menacé de mourir face à l’attaque d’un mammouth. La réponse de stress sera donc aigüe dans les deux cas.
  • À chaque menace, réelle ou imaginée, cela crée une réponse biologique de stress qui enverra le message à notre cerveau de déclencher une cascade d’effets :
    • Activation de l’hypothalamus (Pour votre information, l’hypothalamus fait partie du système nerveux central. C’est une petite région située au cœur du cerveau, qui sert de pont entre le système nerveux autonome et le système endocrinien. Il est effet impliqué dans la régulation de grandes fonctions comme la faim, la soif, le sommeil ou la température corporelle. Il est aussi impliqué dans le comportement sexuel et les émotions. Réf. : Futura Santé)
    • Production d’hormones de stress (combattre ou fuir)
    • Activation de nos glandes surrénales (qui sont situées sur nos reins et qui produisent, entre autres, le cortisol et l’adrénaline qui sont nos sources d’énergie pour combattre ou fuir)
    • Ces hormones d’énergie remontent au cerveau à l’intérieur de 8 à 10 minutes, particulièrement dans les régions de l’apprentissage, de la mémoire et de la régulation des émotions
    • À la base, ces activations sont saines pour nous, car elles ont été nécessaires à la survie de l’espèce et dans la mesure où nous avons besoin d’énergie pour survivre (combattre ou fuir).

Selon les recherches de Mme Lupien, le problème majeur aujourd’hui est que nous confondons les menaces réelles (stresseurs absolus, qui existent maintenant que très rarement dans notre société) avec les menaces perçues (stresseurs relatifs qui sont engendrés par nos perceptions, nos croyances et nos préconceptions). Avec l’habitude d’interpréter les événements stresseurs comme étant majoritairement une menace aigüe et absolue, ça ouvre la porte au stress chronique et c’est là que les problèmes commencent…et que le stress devient négatif plutôt que positif. Les effets chroniques qui découlent du stress sur notre cerveau sont :

  1. Les troubles de la mémoire
  2. Difficulté à régulariser ses émotions
  3. Troubles mentaux que nous retrouvons aujourd’hui (ex : anxiété et dépression)

La bonne nouvelle est que nous avons le pouvoir de transformer ces réponses au stress par une meilleure gestion de ses perceptions, de ses croyances et de ses préconceptions! Le drame est tellement présent dans nos esprits que c’est comme si nous avons appris à vivre avec, mais nous sous-estimons grandement l’impact de notre discours interne sur nos états physiques, émotionnels et mentaux.

Grâce à des chercheurs comme John Mason aux États-Unis, nous savons maintenant comment changer notre réponse aux stresseurs relatifs ou absolus. Pour citer Mme Lupien,  « Ce qu’on sait aujourd’hui, c’est qu’il y a quatre caractéristiques qui vont induire une réponse de stress, peu importe qui vous êtes, l’âge que vous avez et le travail que vous faites :

  1. Vous devez avoir l’impression que vous n’avez pas ou peu de contrôle sur la situation (C)
  2. La situation doit être imprévisible (I)
  3. La situation doit être nouvelle (N)
  4. Votre ego doit se sentir menacé (É) »

Dès que le cerveau fait face à une de ses caractéristiques (pas obligé de vivre les quatre), nous produisons une réponse de stress. Alors…bonne nouvelle, nos stress habituels c’est du CINÉ ! Plus notre perception et notre interprétation face à l’imprévisibilité, à la nouveauté, à la menace de notre égo et à notre sentiment de ne pas avoir le contrôle s’amplifient, plus nous créons une réponse de stress en nous. Je vous avoue que la majorité du temps, c’est ce que je travaille avec mes clients et maintenant que j’ai le CINÉ comme outil de référence, mes clients retrouvent un meilleur contrôle de leurs perceptions et de leur interprétation des événements rencontrés dans leur quotidien .

Toujours grâce aux travaux de Mme Lupien, la réponse à la question « Est-ce que le stress est toujours négatif? » est non! Un peu de stress c’est bon, ça fait augmenter la vigilance et un peu d’hormones de stress est nécessaire pour bien mémoriser et augmenter notre degré d’attention.

Ce qui fait que le stress devient négatif c’est lorsque nous dépassons ce qu’elle appelle notre point de résistance (et il est différent pour chacun de nous) ; c’est comme le point de bascule entre notre perception que la situation représente un défi à relever (bon pour nous, ex : un athlète qui veut aller chercher une médaille d’or) et notre perception que ce n’est pas un défi mais un stresseur (une menace, ex : je vais arriver en retard pour mon entrevue) pour nous. Ce qui déclenche entre autres, la fuite de nos idées (manque de focus) et les troubles de la mémoire.

Prenons l’exemple de l’athlète qui soudainement voit sa descente de ski comme un stress (il se dit je n’ai pas de contrôle sur la situation par exemple) plutôt qu’un défi, il ne pourra jamais performer à la hauteur de son talent et de son plein potentiel car ses pensées lui feront croire qu’il est en danger et donc qu’il est menacé. Ses hormones de stress l’amèneront à soit combattre ou fuir et les conditions idéales ne seront pas en place pour qu’il puisse combattre pour gagner. Quand le corps est occupé à gérer les menaces il ne peut pas se permettre d’être performant ailleurs…

Donc plus notre concentration d’hormones de stress s’active, plus il y a d’effets sur le cerveau et sur le corps. La même hormone de stress peut vous permettre de performer ou de vous faire aller le « hamster » (votre CINÉ) et ça commence à aller mal…Fascinant!

Ce qui est aussi fascinant dans ces recherches, c’est qu’il a été découvert que la majorité des gens ont des préconceptions négatives du stress (plus les femmes que les hommes selon les études) dû au fait que nous sommes majoritairement dans des environnements qui voient le stress comme négatif. Heureusement, c’est là que nous avons le plus de pouvoir de changer les choses!

Il a été prouvé qu’avec le temps et la répétition, si nous sommes exposés à des croyances négatives liées au stress, le cerveau va enregistrer que le stress est négatif (par exemple que ça amène une perte de contrôle) et il va envoyer le message à notre corps de créer davantage d’hormones de stress. À l’inverse, plus nous sommes exposés à des croyances positives face au stress (par exemple que c’est bon pour la mémoire) plus nous sommes en mesure d’interpréter le stress comme étant positif et moins notre corps produira d’hormones de stress.

Une préconception ça se modifie ; là est notre pouvoir de changer la donne, en recevant de nouvelles informations. Car nous avons beaucoup de contrôle sur la capacité à changer nos préconceptions. Donc plus vous nourrissez vos croyances et votre discours interne de perceptions positives face au stress, moins vous allez créer d’hormones de stress…ça vaut le coup de tenter l’expérience et de faire attention à votre CINÉ!

Mme Lupien termine sa conférence en nous posant la question : quels sont vos influenceurs? Car il est question ici de contagion émotionnelle ! Pour conclure avec un nouveau titre pour mieux refléter le contenu de sa conférence : « Le stress, l’ennemi intérieur! »

Je termine en partageant avec vous une définition du stress que j’ai beaucoup apprécié car tellement bien dite : « Une relation entre une personne et l’environnement qui est évalué par la personne comme significative et excédant ses ressources pour lui faire face. » Cité de « Stress, appraisal and coping » 1984, Richard Lazarus et Susan Folkman.

EXERCICE DU COACH : ce mois-ci, je vous invite à être vigilant et à l’écoute de comment vous interpréter les situations car c’est ce qui induit votre réponse au stress. Faites passer vos perceptions dans le filtre du CINÉ :

  1. De 1 à 10, à combien sentez-vous que vous que avez le contrôle?
  2. De 1 à 10, à combien sentez-vous que la situation est imprévisible?
  3. De 1 à 10, à combien sentez-vous que la situation est nouvelle?
  4. De 1 à 10, à combien sentez-vous que votre égo est menacé?

Plus vous allez croire que vous avez toutes les ressources en vous pour faire face aux situations rencontrées, que vous avez une grande valeur indépendamment de ce qui vous arrive, que vous êtes suffisamment aimé (et surtout par vous!) pour ne pas vous sentir constamment menacé, plus vous allez permettre à votre plein potentiel de se déployer sans les effets du stress négatif!

Je vous souhaite un excellent mois à faire la paix avec votre CINÉ!

Au plaisir !

Chaleureusement,

Chantal xx

 


2 commentaires sur “Nourrissez-vous votre stress?

  • Merci de ton feedback Carl! C’est une très belle découverte pour moi et c’est puissant! Tu as raison, nous sommes bien mal outillé en ce domaine 🙂 Au plaisir!

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