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Défi de gestionnaire : apprendre à mettre ses limites

Un des grands apprentissages que j’ai fait lors de mes premiers cours à la Coach University a été de prendre conscience de l’importance des limites à mettre dans notre vie, autant personnelle que professionnelle si on veut devenir la meilleure version de soi. J’ai surtout réalisé que les impacts de ne pas mettre de limites pouvaient créer de grands problèmes dans le temps : cela crée des fuites dans nos réservoirs d’énergie, de patience, d’amour, de compassion, d’entraide, d’empathie, de confiance (en soi, aux autres et dans la vie en général) et d’objectivité.

Au fur et à mesure que j’apprenais à repérer les endroits où je ne mettais pas ou pas assez mes limites et que je réajustais le tir, je sentais ma confiance augmenter, mon sentiment « d’empowerment » se développer et mon niveau de respect envers moi se solidifier. Un beau cadeau en prime : j’étais mieux capable de comprendre les autres quand ils mettaient des limites avec moi et j’étais spontanément en mesure de les respecter au lieu de les juger et d’y réagir.

Cela m’a permis de comprendre que, inconsciemment, lorsque j’étais gestionnaire, je laissais souvent mes limites être transgressées : je disais oui à des demandes qui bousculaient mon intégrité par peur de déplaire ou de décevoir; je tolérais des attitudes et des comportements qui étaient toxiques (autant les miens que ceux d’employés, collègues et supérieur immédiat); j’acceptais qu’on abuse de ma générosité à répétition sans être reconnue pour ma contribution, etc. Avec le temps, mon estime de soi en prenait un coup et le doute s’installait petit à petit face à mes compétences. Sournoisement, cela me reflétait une fausse perception de moi et je devenais de plus en plus désalignée et éloignée de ma nature profonde. Est-ce que vous vous y reconnaissez?

Brené Brown a beaucoup traité de ce sujet et j’ai beaucoup aimé comment elle définit simplement le concept des limites, je la traduis : « Voici ce qui est acceptable pour moi et voici ce qui ne l’est pas ». Elle ajoute « Osez mettre ses limites c’est avoir le courage de s’aimer, même quand on risque de décevoir les autres ». Elle nous partage aussi que « Quand on échoue à mettre nos limites et qu’on rend les gens responsables de notre malheur, nous nous sentons utilisés et maltraités. C’est pourquoi, parfois, nous attaquons, qui ils sont, et cette attitude nous fait davantage de mal que de se rendre imputables de nos comportements et de nos choix. »

Personnellement, lorsque j’étais gestionnaire j’ai eu à mettre une limite cruciale pour moi et même si ça m’a demandé énormément de courage et d’énergie à l’époque les résultats furent fulgurants!

J’avais décidé de ne plus endurer le comportement négatif et râleur d’une employée que je tolérais depuis longtemps et qui avait déjà été une leader positive à ses débuts. Lorsque je l’ai rencontrée, j’ai partagé avec elle les faits (une liste d’exemples où je lui reflétais ses remarques et ses actions des derniers mois), j’ai partagé les impacts négatifs que ça avait sur ma confiance en elle et sur le leadership négatif qu’elle amenait dans l’équipe. J’ai été claire sur le fait qu’à partir de maintenant ce ne sera plus une façon d’être que j’accepterai au sein de mon équipe, je lui ai aussi reflété qui elle était avant qu’elle ne prenne cette pente descendante et les impacts positifs qu’elle amenait au sein de l’équipe et que je croyais encore en cette partie d’elle qui rayonnait et qu’il était temps pour elle de revenir à sa nature profonde.

Elle a été sous le choc de prendre conscience du « portrait » que je lui brossais d’elle et j’ai décidé de ne pas prendre sur moi ses réactions émotives, cette partie lui appartenait. Je lui ai laissé la semaine pour réfléchir à tout ça et lui ai demandé de me revenir avec ses intentions. Lors de cette rencontre, je n’avais plus la même personne en face de moi : elle m’a avoué ne plus se sentir bien dans sa peau, qu’elle n’avait pas su mettre elle-même ses limites avec des collègues qui l’influençaient négativement et elle m’a remercié chaleureusement d’avoir mis fin à sa spirale négative. Ce fut de beaux et grands apprentissages pour nous deux et cela a solidifié notre relation.

Exercice du coach : Si vous désirez mettre de l’avant la meilleure version de vous cette année, je vous invite fortement à vous observer et à décoder où vous devriez commencer à solidifier vos limites. Afin de vous aider dans ce processus, voici quelques moyens pour ce faire :

  1. Apprendre à les reconnaître : qu’est-ce qui vous fait réagir à tout coup? C’est un bon indice d’une limite qui n’est pas en place solidement.
  2. Apprendre à les nommer : quelle est la limite qui a été franchie ici? Quels sont les impacts typiques chez vous de ne pas protéger cette limite?
  3. Apprendre à les partager : comment allez-vous communiquer ce qui vient de se passer pour vous et quelles sont les attentes que vous avez à partir de maintenant face à cette situation.
  4. Clarifier la prochaine étape : communiquez ce que vous ferez si ces limites ne sont pas respectées la prochaine fois que cette situation se produira et spécifiez vos attentes à partir de maintenant.
  5. Faites une entente : quelle est la meilleure façon pour vous et pour l’autre d’honorer cette limite?

Pour faire un lien avec le blogue de la semaine dernière où vous avez été nombreux à me dire combien ce rappel vous a fait du bien, sachez que de mettre des limites claires et de les respecter est définitivement une stratégie gagnante pour récupérer de l’énergie!

Sur ce, je vous souhaite une semaine dans le respect de vos limites!

Chaleureusement,
Chantal xxx

© Tous droits réservés. Ce texte a été créé et rédigé par Chantal Binet – Coach Inc. Si vous souhaitez le partager, nous vous demandons de le publier dans son intégralité et en totalité en citant sa source.


2 commentaires sur “Défi de gestionnaire : apprendre à mettre ses limites

  • Merci pour l’exemple donné. C’est facile de dire de se fixer des limites professionnels, mais de les choisir et de savoir ce qui est une limite professionnel est, à mon avis, la plus grosse partie du travail.

  • Excellent commentaire Nathalie! Habituellement, un bon point de départ est de reconnaître et cibler nos irritants prioritaires, ceux qui nous vident le plus nos réserves d’énergies et de bonne humeur ainsi que les « patterns » récurrents de comportements qui ne sont plus en lien avec nos valeurs 🙂 Merci de ta rétroaction et au plaisir! Chaleureusement, Chantal

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